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rédacteur
Azzedine Mabrouki
publié le
19/10/2010
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Maher ABI SAMRA, réalisateur du film Shouyouïn Kounna (Nous étions communistes)


Shouyouïn Kounna (Nous étions communistes)


Maher ABI SAMRA,cinéaste

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Shouyouïn Kounna (Nous étions communistes / We were Communists)
Une histoire libanaise
Festival d'Abu Dhabi 2010

Une des premières séances du Festival d'Abu Dhabi (14-23 Octobre), c'est un documentaire libanais filmé avec beaucoup de talent et d'ingéniosité.


Dans son film long métrage documentaire très sincère et très profond : Shouyouïn Kounna (Nous étions communistes / We were Communists), le cinéaste libanais Maher Abi Samra frappe un grand coup et nous rappelle l'extraordinaire qualité du travail que faisaient Jocelyne Saab et Maroun Baghdadi, entre autres auteurs libanais de grande envergure.

Il s'agit d'un travail, sur la mémoire des brûlantes années de la guerre civile, très stimulant, très rigoureux, très intelligent. L'alternance des témoignages, des réflexions, des regards introspectifs sur les évènements des années 1975-1990, sur ces quinze années de malheur, est rendu sur l'écran avec une infinie justesse et une exceptionnelle sobriété. Il s'agit d'une vision rationnelle, pas vindicative ni passionnée d'une époque bien sombre.

Maher a réuni un groupe de ses amis, tous comme lui anciens membres du Parti Communiste Libanais (PCL). Il leur a donné simplement la parole les invitant à scruter leurs mémoires, leurs souvenirs des années de lutte, de la guerre civile qui a détruit leur pays.
En même temps, l'objectif c'est aussi, le temps d'un documentaire, de tenter de réhabiliter ce que fut le Parti communiste libanais, son organisation, son travail de proximité sur le terrain social et politique, dans le voisinage, dans la communauté. Le jour où leur parti a cessé d'exister, les communistes libanais se sont tous retrouvés seuls, à la dérive. Leur combat a cessé faute de combattants.

On apprend que le Parti Communiste libanais était un parti important, très bien organisé. Presque un parti familial, villageois, une "houma", comme on dit en Algérie. Au Liban, on devenait communiste de père en fils, quasiment par héritage, par affection, parce qu'on baignait dedans dés l'enfance, avec des liens affectifs très forts, une solidarité extraordinaire dans le groupe.
Certes, le parti a été manipulé de toutes parts. Il y avait toujours ceux qui étaient avec lui ou contre lui, le Hezbollah, les Druzes de Walid Joumblat, la faction Amal, la Résistance palestinienne, les Syriens... Comment pouvait-il survivre dans ce chaos politique invraisemblable, avec aussi contre lui les factions politiques de droite et d'extrême-droite ?

Mais dans toute cette période ultra déraisonnable où la mort et les destructions faisaient voler en éclats la cause nationale libanaise, le parti communiste libanais a tenté de sauvegarder son âme, sa cohésion, l'objectif de son combat.
Chaque militant qui témoigne ici révèle son parcours individuel (le père ou le frère étaient déjà communistes), ses liens avec le voisinage dans son quartier, à l'université, au travail. Les collègues de l'université sont souvent aussi à l'origine de l'adhésion au parti, parce qu'ils y étaient eux-mêmes inscrits.

Les témoins filmés ici sont pour la plupart entrés au parti en 1982 lors de l'invasion israélienne, d'abord par solidarité avec la Résistance palestinienne. Ils ont tous pris les armes et se sont jetés dans la bataille contre Israël. En 1987, quand les Syriens sont entrés pour contrôler le Liban, les militants communistes ont rendu les armes sous la pression et les promesses du régime de Damas.

Maher Abi Samra explique ensuite dans quels contextes historiques, après la chute du Mur de Berlin en 1989, les militants libanais ont en quelque sorte suivi le mouvement général en révisant leurs engagements mais sans jamais renier leur passé ni leur combat.

Tous ou presque ont alors quitté Beyrouth et retourné dans leurs villages pour mener une nouvelle vie plus personnelle. Dès le premier jour, ils se sont retrouvés seuls, désemparés, vulnérables, sans la force du groupe, la chaleur du parti, la grande fraternité militante.
C'est sur une note de profonde tristesse que se termine ce film admirable.

Bien seul, comme n'importe quel individu isolé, on voit le réalisateur Maher Abi Samra, au volant de sa voiture, de retour dans son village natal, dans la montagne. Un village absolument vide, désolé, recouvert de neige, toutes les nuits puissamment éclairé par les projecteurs de l'armée israélienne.
C'est un village coupé en deux, à la frontière avec l'État sioniste.
Spectacle saisissant de tristesse, de regret, de perte de ce que fut le temps du militantisme et de promesse d'un avenir radieux.

Azzedine Mabrouki

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